Fuite en avant des États-Unis en Syrie

Lundi soir 26 juin, l’administration Trump a accusé « le régime Assad » de préparer « une attaque chimique » contre les civils syriens, une allégation totalement infondée dans la mesure où Damas a démantelé en 2014 l’ensemble de ses arsenaux chimiques suivant une résolution onusienne votée sous les auspices de Moscou et de Washington. Pour de nombreux experts, la nouvelle allégation américaine vise à justifier une offensive directe des États-Unis contre la Syrie.

L’analyste iranien des questions militaires, Massoud Assadollahi relève en ce sens l’avancée continue de l’armée syrienne dans le désert de Syrie qui pousse les terroristes de Daech à abandonner leurs positions les unes après les autres, se repliant dans quelques localités situées sur les frontières syro-irakiennes.  » L’ensemble de ces succès militaires, qui changent très rapidement la donne au profit de Damas, contraint Washington à inventer des prétextes et à chercher à attaquer l’armée syrienne pour en stopper la progression « , selon cet analyste.  » À Palmyre, les militaires syriens et leurs alliés multiplient les gains tout comme à Deir ez-Zor où l’armée syrienne vient de débarquer après cinq ans d’absence et où la Russie est bien présente via sa force aérienne. À l’est de la Syrie, Damas a mis le cap sur Al Sakhra, une localité clé dont la libération pourrait provoquer un effet de domino et être suivie de la reprise de nombreux autres secteurs. Cette dynamique positive se constate aussi dans le sud de la Syrie, à Deraa et à Quneitra où l’appui militaire direct de Tel-Aviv aux terroristes de Daech ou d’Al Nosra s’avère presque stérile puisque, d’offensive en offensive, Al Nosra et ses alliés échouent à avancer « , souligne cet expert qui ajoute : » En plus de ces éléments, la crise qui oppose désormais Riyad à Doha profite directement à Damas : il y a encore quelques semaines l’Arabie saoudite et le Qatar se battaient dans le même camp par terroristes interposés contre l’État syrien. Or les divergences qui déchirent leur camp ont servi à amortir les pressions sur les forces syriennes. »

Pour l’analyste iranien, les succès réalisés sur les frontières syro-irakiennes devraient aussi entrer en ligne de compte. Il y a plus d’un mois l’armée syrienne a lancé une opération qui visait à contrôler la totalité des frontières syro-irakiennes. Les Américains ont damé le pion à l’armée syrienne et se sont emparés du point de passage d’Al Tanf pour empêcher l’armée syrienne d’atteindre les frontières. Celle-ci n’a pourtant pas renoncé à son objectif, et en contournant d’Al Tanf, est arrivée à la frontière commune infligeant un nouveau revers au Pentagone qui ne peut plus couper les voies de communication entre l’Irak et la Syrie. La seconde étape de l’offensive de l’armée syrienne s’est déroulée à Palmyre : le nord est de cette région a été libéré en prévision d’une offensive qui s’étend vers Deir ez-Zor. D’ici quelques jours, les forces syriennes et le Hezbollah comptent pouvoir contrôler totalement la frontière avec l’Irak où les Hachd attendent avec impatience l’arrivée des forces syriennes. C’est dans ce contexte d’échec militaire quasi total des Américains en Syrie que la Maison Blanche reprend « l’argument chimique ». C’est une guerre des nerfs pour dépouiller Damas et Moscou de leurs atouts au cours des négociations à venir. Mais cette tactique, est-elle porteuse? Rien n’est moins sûr. Obama était conscient des risques que comportait tout engagement militaire US au Moyen-Orient. Trump semble aussi le savoir mais il est difficile pour lui de se rendre à l’évidence : sa politique consiste à multiplier les foyers de tension dans la région pour en tirer un maximum de profit : en Syrie, en Irak, ou encore entre le Qatar et l’Arabie ou entre Téhéran et Riyad, son mot d’ordre est d’attiser les tensions ou en créer. Or ses dessins ont peu de chance de remporter dans la mesure où l’Iran et la Russie sont des acteurs pleinement actifs et décidés à déjouer le jeu américain.

parstoday.com

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